Les principes et enjeux du projet

Le site d’implantation : la reconversion de la friche Lever

 

La chaufferie sera implantée sur le site de la friche Lever à Haubourdin, en bord de la Deûle. La Métropole Européenne de Lille a retenu ce site car il offre une surface suffisante pour accueillir les équipements et permet un approvisionnement du bois par voie fluviale. L’implantation au sud de la parcelle a été privilégiée afin de s’éloigner des habitations riveraines. L’aménagement de la partie Nord est également prévu dans le cadre des travaux. L’idée d’un parc urbain a été avancée et reste à définir avec les habitants. Il facilitera l’insertion paysagère du site et offrira un espace à destination des habitant.e.s pour accueillir de nouveaux usages encore à définir : jeux, balade, …

Par ailleurs, l’aménagement paysager et l’architecture des bâtiments seront conçus en harmonie avec le contexte environnemental du site, avec une ambition forte de végétalisation. À terme, le site sera labellisé biodivercity, un label prenant en compte la biodiversité du site. Le projet offrira ainsi l’opportunité de mettre fin aux mésusages constatés sur le site, de régénérer les sols et de s’inscrire en cohérence avec son héritage industriel.

 

Le fonctionnement de la chaufferie 

 

Le projet vise à créer une unité de production de chaleur à Haubourdin pour alimenter le réseau de chaleur métropolitain

La chaufferie sera alimentée par du bois de classe A, récupéré, à 75%, dans un rayon de 25 km et à 25 % dans un rayon de 100 km. Il sera acheminé par voie fluviale, via le canal de la Deûle, avant d’être déchargé directement sur le site de la chaufferie. Des infrastructures annexes permettront de trier le bois et le stocker en amont de sa combustion et transformation en chaleur dans les chaudières. D’autres unités techniques et un local de vie compléteront l’aménagement du site. La future chaufferie fonctionnera exclusivement en période de chauffe, d’octobre à mai

Le dimensionnement de la chaufferie et ses infrastructures annexes permettront de produire annuellement 215 GWh de chaleur renouvelable, soit l’équivalent des consommations annuelles de plus de 20 000 foyers

Pour aller plus loin, consultez la partie 3 du dossier de concertation 

Focus : Le Bois A, de quoi parle-t-on ? 

Le bois de classe A (non pollué, non imprégné) comprend plusieurs types de sous-produits : 

  • Des plaquettes forestières issues de bois d'élagage urbain ou autre résidus forestiers.
     
  • Des produits connexes de scieries (écorces, plaquettes de scieries).
     
  • Des broyats de bois d’emballages et autres bois de recyclage non traités (palettes, cagettes).

 

Dans le cas de la chaufferie d'Haubourdin la biomasse utilisée proviendra pour : 7,2 % de plaquettes forestières, 6,3 % de plaquettes bocagères, 14,3 % de plaquettes paysagères, 17,5 % de déchets verts et 54,7 % de bois de fin de vie. Le bois proviendra en grande partie d’activités de recyclage, s’appuyant ainsi sur un modèle d’économie circulaire.

Les grands enjeux du projet : environnement, qualité de l’air, économie

 

Le fonctionnement d’une chaufferie repose sur des équipements et des procédés qui doivent être strictement encadrés. Comme toute installation industrielle, elle peut présenter des risques ou générer des nuisances. C’est pourquoi la chaufferie relèvera de deux cadres réglementaires :

  • Elle sera soumise à la réglementation des installations classées pour la protection de l’environnement, dite ICPE.
  • Mais également du régime IOTA, qui concerne les installations, ouvrages, travaux et activités pouvant avoir un impact sur l’eau.

Avant sa réalisation, le projet devra faire l’objet de déclarations et de demandes d’autorisations environnementales auprès de la préfecture. Cette procédure permettra à l’État d’examiner le projet, d’en apprécier les impacts et de fixer, si nécessaire, les conditions à respecter pour sa mise en œuvre.

Ce cadre rigoureux impose d’intégrer dès la conception des mesures techniques destinées à maîtriser les risques et à limiter les nuisances. Ces exigences ont une incidence directe sur le projet d’aménagement du site. Elles orientent notamment l’implantation des bâtiments, l’organisation des accès, le choix des équipements et les solutions techniques retenues.

Le contexte géographique dans lequel s’insérera la chaufferie appelle une attention particulière aux enjeux environnementaux, aussi bien pendant la phase de travaux que lors de l’exploitation. Le projet prend ainsi en compte les principales sensibilités environnementales du site : 

  • La proximité avec les cours d’eau de la Deûle et de la Tortue.
  • La présence de sols pollués du fait du passé industriel du site.
  • La biodiversité à préserver. 

Les mesures de végétalisation, les partis pris architecturaux et la gestion adaptée du site permettront de réduire les incidences potentielles du projet sur son contexte environnemental.

Les enjeux de santé et de qualité de l’air sont également pris en compte. Les émissions seront limitées aussi bien en ce qui concerne l'approvisionnement de la biomasse que dans le fonctionnement de la chaufferie. L’association des technologies les plus performantes et d’un suivi renforcé des rejets limiteront significativement les émissions de polluants atmosphériques, ces équipements permettront de filtrer plus de 99,5 % des particules émises et de viser des niveaux de rejet jusqu’à cinq fois inférieurs aux valeurs limites réglementaires applicables. Par ailleurs, le projet présente des enjeux socio-économiques à l’échelle du territoire métropolitain et à l’échelle municipale. Il contribuera à la création d’emplois, durant la phase de travaux et lors de l’exploitation de la chaufferie. Il permettra également de diminuer et de stabiliser le prix de la chaleur pour les abonnés.

Pour aller plus loin, consultez la partie 3 du dossier de concertation 

Les conditions de mises en œuvre du projet

 

Le coût de mise en œuvre du projet est actuellement estimé à 90 M €. Son financement reposera sur plusieurs leviers complémentaires :

  • des investissements directs du concessionnaire,

  • le recours à l’emprunt,

  • d’éventuelles aides publiques liées à la transition énergétique, telles que le Fonds Chaleur de l’ADEME ou des fonds européens mobilisables par la Région.

Suite à la concertation préalable, des demandes d’autorisations environnementales devront être déposées. Une enquête publique sera menée et, à son issue, le préfet décidera d’autoriser ou non le projet. Sous réserve d’obtention des autorisations nécessaires, il est prévu de démarrer les travaux à partir de 2028

 Pour aller plus loin, consultez la partie 5 du dossier de concertation